Les langues officielles du N.-B. : l’anglais et la traduction de l’anglais, dit un juriste
Un expert en droits linguistiques est déçu du récent rejet de la plainte d’un francophone de Rogersville. Jeudi dernier, la Cour du Banc du Roi a rejeté l’idée selon laquelle les droits des francophones ont été bafoués par la prédominance de l’anglais lors des conférences de presse quotidiennes en début de pandémie de COVID-19. Le premier ministre de l’époque, Blaine Higgs, et d’autres unilingues anglophones y sont apparus. Blaine Higgs, alors premier ministre du Nouveau-Brunswick, se sert d'un écouteur pour entendre l'interprétation simultanée en anglais d'une question qui lui est posée en français, lors d'un point de presse sur la COVID-19, le 15 mai 2020. Photo : Radio-Canada Ce que la cour semble confirmer ici, c'est qu'au Nouveau-Brunswick, il y a deux langues officielles : l'anglais et la traduction de l'anglais. Michel Doucet est professeur émérite en droit et spécialiste en droits linguistiques. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano Le plaignant dans cette affaire, le citoyen Nelson Cyr, considérait que l’interprétation simultanée des propos en anglais lors de ces points de presse sur la progression de la pandémie était insuffisante et Michel Doucet partage ce point de vue. Selon le juriste, le juge Robert Dysart a fait une Le magistrat, affirme Michel Doucet, s'est Le juriste redoute maintenant que, si la décision est portée en appel, que la cour cherche à Avec les renseignements de Janic Godin
C'est une décision qui à mon avis est décevante
, déclare le juriste Michel Doucet, spécialisé en droits linguistiques.Celui qui était visé dans ce cas-ci, ce n'était pas l'individu Blaine Higgs, ni le député Blaine Higgs, mais bien le premier ministre qui parlait de manière officielle à la population
, a commenté Michel Doucet lors d’une entrevue dimanche au Téléjournal Acadie.Un premier ministre au Nouveau-Brunswick a le droit d'être unilingue, mais effectivement s'il l'est, il doit accepter la conséquence, c’est-à-dire que lorsqu'il parle officiellement à titre de premier ministre, il doit s'assurer qu'il y ait quelqu’un avec lui qui puisse s'exprimer en français et offrir l'information directement.

un manque de respect envers le français à titre de langue officielle du Nouveau-Brunswick
.La traduction simultanée ou l'interprétation simultanée, c'est dans cas ici un accommodement, et non pas un traitement égal
, martèle-t-il.interprétation assez restrictive aux droits linguistiques
, ce qu'il estime regrettable
.beaucoup appuyé
sur la décision rendue récemment par la Cour d'appel au sujet de la lieutenante-gouverneure unilingue anglaise, qui est un dossier totalement différent
.confirmer la même décision qu'elle avait rendue pour la lieutenante-gouverneure, en disant qu'on ne peut pas exiger que ces gens-là soient bilingues
.J'espère que ce n'est pas ce qu'on verra dans des décisions futures
sur le respect des droits des francophones, conclut-il.
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